Lettre de Mr. de Voltaire au Roi Chretien VII 4. Fevr. 1767
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| Lettre de Mr. de Voltaire au Roi Chretien VII 4. Fevr. 1767 af Voltaire |
| Da Voltaire i 1764 tog sagen om justitsmordet mod familien Calas, der var blevet uretfærdigt dømt for et mord, sandsynligvis på grund af deres protestantiske tro, var Christian 7. af Danmark en af de mange kongelige som gav økonomisk støtte til sagen. Christian 7. bidrog også til den lignende Sirven-sag som Voltaire også anførte.(Ulrik Langen, Den afmægtige, 2008. s. 131ff). Brevet her stammer fra tidsskriftet Kiøbenhavnske Efterretninger om lærde Sager, nr. 13, Torsdag 26. marts 1767. |
Lettre de Mr. de Voltaire au Roi Chretien VII. à l’occasion d’un Présent, que Sa Majesté avoit fait à l’infortunée famille de Calas, du 4 Fevr. 1767.
Sire
La lettre dont vôtre Majesté m’a honoré m’a fait repandre des larmes de tendresse & de joye. Vôtre Majesté donne de bonne heure des grands exemples. Ses bienfaits penetrent dans des pays presque ignorés du reste du monde. Elle se fait des sujets de tous ceux qui entendent parler de Sa générosité bienfaisante. C’est dans le Nord, qu’il faudra voyager pour apprendre à penser & à sentir. Si ma caducité & mes maladies me permettioient de suivre les mouvements de mon cæur, je vientdrois me jetter aux pieds de vôtre Majesté. Du tems que j’avois de l’imagination, Sire, je n’aurois fait que trop de vers pour repondre à vôtre charmante prose. Pardonnés aux efforts mourans d’un homme qui ne peut plus exprimer l’étendue des sentimens, que vos bontés font naitre en lui. Je souhaite à vôtre Majesté autant de bonheur, qu’elle aura de veritable gloire.
J’ai l’honneur d’être &c.
Pourquoi, généreux Prince, Ame tendre & sublime,
Pourquoi vas-Tu chercher dans nos loiutains climats,
Des cæurs infortunatés, que l’injustrice opprimé?
C’est qu’on n’en peut trouver au sein de Tes états,
Tes vertus ont franchi par ce bienfait auguste
Les bornes des pays gouvernés par res mains:
Et partout, où le Ciel a placé des humains,
Tu veux, qu’on soit heureux, Tu veux qu’on soit juste.
Hélas! Assés de Rois que l’histoire a fait grands,
Chès leurs tristes voisins ont porté les allarmes.
Tes bienfaits vont plus loin que n’ont été leurs armes.
Ceux, qui font des heureux sont les vrais conquerans.
Vers du Comté O.M. Rantzau, à l’occasion des précédens
Ce favori du Dieu, qu’à Delos on revere,
Ne chante Tes vertus, qu’en chantant nôtre bien,
S’il Te peint des humains le monarque & le pere,