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menager mon plan, et la peur que j'avois de perdre entièrement la confidence de ces messieurs et de faire rallentir leur zéle, m'ont forcé à mettre ce moïen en oeuvre, dans l'esperance que vôtre majesté daignera l'approuver en grace. Depuis ma derniere le general Stael est arrivé dans cette capitale, et il m'est venû parler de son propre mouvement fort naivement sur le chapitre de la succession, et, après avoir bien disputé ensemble, il est entierement entré dans mes sentimens en me contestant que, comme il ne voïoit d'autre ressource pour la Suede, il travailleroit de tout son mieux à faire reussir ce sisteme. Ce general, qui donne une grande balance aux affaires à la diete, et qui, comme membre du comité secrêt, n'ose ni parle raux ministres étrangers ni les venir voir, m'a fait assûrer par un de ses amis affidés, que j'ai sçu gagner, qu'il ne se desistera pas du plan convenû entre nous, et qu'il fera tout son effort pour disposer bien d'autres membres du dit comité à l'approuver de même; ce que je sçais par experience qu'il a deja fait actuellement. L'aïant trouvé inébranlable et sachant qu'il a 8000 ecus à pretendre du duc de Holstein-Kiel, auquel il a été autrefois fort devoué, je lui ai promis, que cette pretention lui seroit bonifiée de la part de vôtre majesté, en cas que l'affaire en question reussiroit. L'affidé du general Stael, dont je viens de faire mention, et que j'ai sçu gagner, est un lieutenant-colonel, nommé Ridderschantz, éleve du comte de Horn, dont il a été emploïé dans bien des affaires de consequence, qui a beaucoup de credit, tant parmi les deputés des païsans à la diete, que parmi la noblesse de la Scanie. Lorsque je retournai en dernier lieu de la cour de vôtre majesté, je rencontrois cet officier à quelques lieuës de cette capitale, s'en allant comme exprès en Finlande, et je ne manquois de profiter de cette occasion pour lui donner une legere idée de mon systeme par raport à la succession, et bien m'en a pris de l'avoir fait. Car les jeunes officiers des gardes et de l'artillerie qui se trouvoient dans l'armée en Finlande, s'appercevant que le credit de la France tomboit dans le Nord, et souhaitant de mettre fin à la guerre, dont ils étoient las, à quelque prix que ce fût, avoient pris la resolution entre eux de deputer quelqu'un de leur chef en Russie pour se soumettre au duc de Holstein-Kiel et pour le reconnoitre pour successeur eventuel au roïaume de Suede, et s'adresserent pour cet éffêt hûreusement au dit lieutenant-colonel, qui y a été long tems prisonnier de guerre, et qui parle fort bien le Russien. Comme il avoit fort goûté ce que je lui avois insinué en le rencontrant dans mon chemin, il trouva moïen de les en detourner en leur representant, qu'ils avoient une autre ressource moins desésperée toute prête, en se jettant entre les bras de vôtre majesté. Depuis leur retour de Finlande ces mêmes officiers, ne sachant à quel saint se vouer pour trouver un chef au parti qu'ils veulent former, se sont addressé au comte de Tessin pour le faire entrer dans leurs vuës; mais celui ci aïant refusé de s'y prêter, ils ont commencé à mediter sur la delivrance du comte de Löwenhaupt pour le mettre à leur téte, quoiqu'il n'y-ait guere d'apparance que, detesté comme il est de la populace, ils parviendront à leur but par son