250
coup de bruit dans le public et de s'y repandre mal-gré quelques senateurs, qui l'ont voulû supprimer, d'une telle façon, qu'on en païe jusques à 2 ducats pour un exemplaire écrit à la main, à ce que j'ai appris par bien des gens, qui me l'ont demandé. Mais, comme je ne veux pas, qu'on sache, que j'en possede un exemplaire, j'ai offert moi-même de l'argent pour en avoir un, de sorte qu'il-y-a eû des Suedois qui me l'ont procuré . . .1 La depense faite jusques àpresent à l'occasion de cette affaire ne se monte qu'à 439 ducats, desorte qu'il m'en restent encore 761%; mais plus que j'entre dans cette negociation, plus elle demande de l'argent. Le general Stael, qui est fort zélé pour le succès de cette negociation, m'a conseillé d'écrire en cour pour avoir une instruction plus ample que la supposée, que je lui ai montrée, et accompagnée de quelque remise d'argent, vû- qu'il s'est obligé de mênager mes interêts par le moïen de trois ou quatre mille ecus, que je lui pourrois laisser entre les mains, si je le trouverois à propòs, auprès de bien des gens qui sont presents ici à la diete. Le comte d'Uhlefeld, qui n'est pas fort opulent et qui est obligé de faire de depenses à l'occasion de l'affaire, dont il s'agit, m'a fait comprendre, qu'il n'étoit pas en état de les soutenir à moins d'un secours de cent ecus par mois pendant le cours de la diete. Le lieutenant-colonel Ridderschantz, qui est fort faufilé parmi les officiers, et qui tachera de gagner tout à fait ceux qui ne sont fort éloignés de son sentiment, aura besoin de cent-cinquante ecus par mois, pendant que les etats seront assemblés. Ohle Hackesön avec trois paisans de ses camerades, que j'ai engagés dans mes vuës, depenseront aussi une centaine d'ecus par mois pendant ce tems là, sans compter ce, que l'ecclesiastique, qui fait les sermons chez moi, avec quelques autres, qui rodent par la ville, pourront exiger de moi, et les presents, que je serai obligé de faire à quantité de dames et de filles de condition, qui m'ont été et qui me seront encore fort utiles. Comme je hesite à faire toutes ces depenses sans des ordres exprès, je supplie très-humblement vôtre majesté de m'authoriser très-gracieusement, pour me mettre d'autant mieux à l'abri de courir quelque risque à cet égard dans la suite du tems, à les faire et me fixer la somme, que je pourrai emploïer, tant pour les depenses que pour les promesses à faire, laquelle ne surpassera pas, j'éspere, cent-mille ecus, et, si l'affaire ne reussira pas, les sommes promises ne seront pas païables, et vôtre majesté n'aura risqué alors que peutêtre une vingtaine ou trentaine qui passoit pour un homme d'un grand genie et pour bon patriote, de debiter, que c'étoit lui, qui en a été l'auteur, et qu'avant de mourir il avoit donné cette piece à une femme de ses amies pour les debiter après sa mort, et que cette femme, obligée d'aller en Allemagne, où elle est aussi morte, avoit eû l'imprudence de divulger ce secrêt trop tôt. C'est donc de cette pensée que bien des gens sont tellement imbus, qu'ils sont capables de jurer là dessus, et, sans ce tour, je croi que cette piece auroit été refutée il-y-a long tems; mais en consideration de cet honnête homme mort, on l'a laissée dans sa valeur. :)... 1 De forbigaaede Stykker indeholde Betragtninger og Önsker om den gamle Svenske Konges Fratrædelse i Tilfælde af, at den Danske Konge blev valgt til hans Efterfölger, samt et "raisonnement sur la situation de la Suede».